Emilie de Turckheim – La disparition du nombril

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Emilie de Turckheim, en panne d’inspiration ou plutôt en quête d’un nouveau genre d’écriture, décide, pendant ses mois de grossesse, d’écrire, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs, son journal. Bien loin du cliché cucul-girly de la future maman gnangnan, l’auteure raconte sans filtre les anecdotes les plus croustillantes de ces longs mois d’attente, et revient parfois avec nostalgie mais plutôt avec ironie sur ses anciennes amours, des plus loufoques aux plus romantiques. Emilie de Turckheim profite aussi de ce livre pour raconter le vrai quotidien d’une auteure et thésarde, et défait l’image d’Epinal de l’auteur-thésard intello, survolté, exalté par les débats philosophiques qu’un néophyte en la matière ne peut comprendre. Epuisée par la monotonie de ses journées, Emilie de Turckheim raconte comment elle a voulu mettre fin à cela, tout plaquer, mais la peur, comme une enfant, de l’avouer à ceux qui ont jusque là soutenu ses projets. Outre une auteure parfois en panne d’inspiration, Emilie de Turckheim est aussi la maman d’un petit Marius adorablement attachant ; le modèle vivant pour les apprentis artistes d’une école d’art ; l’employeur compréhensif d’une jeune femme qui lui fait de la peine ; l’amie d’une bande originale et un témoin drôlement objectif de sa propre vie. La disparition du nombril est un monologue où Emilie ne parle que d’elle, de sa vie et de son nombril, avec une distance et une dérision telle qu’on pourrait encore l’écouter longtemps !

Difficile de raconter un journal décousu, qui donne l’impression d’avoir été écrit au fil de la plume, qui parle de tout et de rien, d’anecdotes personnelles, et qui a finalement pour unique ligne directrice la grossesse de l’auteure. Comme une limite temporelle qu’elle s’est fixée, Emilie de Turckheim se livre, se lâche même, mais seulement pendant sa grossesse. Comme si cette période d’attente lui donnait une liberté, une légèreté, et que la naissance de son deuxième enfant marquait le point final de cette insouciance. Un état d’allégresse qu’Emilie de Turckheim a eu la gentillesse de partager avec ses lecteurs.

J.S

Emilie de Turckheim, La disparition du nombril, aux éditions Le Livre de Poche, 261 pages

Truman Capote – Petit déjeuner chez Tiffany

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Holly Golightly, c’est un nom qui sonne un peu comme une légende dans la littérature. Un nom dont la consonance nous dit quelque chose, même quand on ne sait pas vraiment à qui il appartient. Quel plaisir alors de découvrir enfin la succulente et légère Holly Golightly ! Le narrateur, un anonyme auteur et voisin de la jeune femme, invite le lecteur, le temps d’une centaine de pages, à partager son quotidien, et sa proximité avec la jeune Holly.

L’histoire commence, sur un bout de comptoir de Joe Bell, par l’évocation des souvenirs partagés avec Holly, disparue depuis longtemps maintenant. Quelques années plus tôt, c’est un peu par hasard que le narrateur s’est rapproché de son extravagante voisine. Holly Golightly n’est pas la voisine idéale. Bruyante, effrontée, elle vit sa vie de fêtes et de rencontres sans se soucier du dérangement qu’elle provoque dans l’immeuble. Alors que les habitants la détestent, le narrateur se lie d’amitié avec la jeune femme. Embarqué dans les extravagances de Holly, il découvre que derrière sa légèreté, la jeune femme, certainement malgré elle, est une grande manipulatrice. Son amie Mag en fera les frais, tout comme, plusieurs années auparavant, son mari en a été victime. Holly est un personnage difficile à cerner, dont la complexité la pousse elle-même à se réfugier chez Tiffany, seul endroit dans lequel elle se sent véritablement bien. Mais la légèreté et l’insouciance de la jeune femme finissent par avoir raison d’elle. Complice innocente d’un trafic de stupéfiants, elle décide de fuir en catastrophe le pays, pour rejoindre un riche brésilien – le compagnon de sa copine Mag – qu’elle espère épouser.

J’ai été surprise d’apprendre que Petit déjeuner chez Tiffany est en fait une nouvelle d’un recueil en comptant trois. Cela m’a peut être gâché la chute du roman et je suis un peu restée sur ma faim. Plus que l’histoire de Holly Golightly, ce roman raconte la fascination du narrateur pour une personnalité ambiguë, attachante par son détachement et son quasi-maladif je-m’en-foutisme. Chaque page, nous courrons derrière un personnage qui use de sa liberté de manière insouciante, qui pousse ses limites jusqu’à un point de non retour.

J.S

Truman Capote, Petit déjeuner chez Tiffany, aux éditions Folio, 188 pages

Jessie Burton – Miniaturiste

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Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam

Petronella est la fille d’une famille très modeste d’Assendelft. Sa mère, qui n’a jamais eu le moindre sous d’avance, veut préserver sa fille de la misère qu’elle a connue. Aussi, à peine majeure, Nella voit sa main offerte à Johannes, un homme d’affaires d’Amsterdam, de plusieurs années son aîné. La jeune femme quitte alors sa ville natale pour s’installer chez son mari, et – espère-t-elle – y connaître rapidement les joies de la maternité. Mais à son arrivée à Amsterdam, ce n’est pas Johannes qui l’accueille, mais Marin, la soeur de celui-ci. Il ne faut alors que peu de temps à Nella pour comprendre que l’unique maîtresse de cette maison est Marin, et que jamais elle ne pourra prétendre à ce même rôle. Nella est immédiatement séparée de son perroquet et fidèle compagnon Peebo, et installée dans une chambre aux tableaux inquiétants, qui mettent la jeune Nella très mal à l’aise. C’est dans cette atmosphère, extrêmement lourde, que Nella réalise que Johannes, son mari qu’elle n’a pas encore vu depuis son arrivée, ne sera pas le fidèle compagnon aimant qu’elle imaginait. Prétextant les affaires, Johannes se dit toujours en voyage, et refuse de partager le lit de sa femme lorsqu’il est de retour chez lui. Inquiète, seule, rongée par le regret de sa vie passée, Nella se doute de quelque chose chez Johannes, mais quoi ?

Pour combler son absence et son attitude distante, Johannes, qui au fond de lui se sent peut-être coupable du mal qu’il fait à celle qu’il a épousée, lui offre un somptueux cabinet miniature, qui reproduit à l’identique la nouvelle maison de Nella. Aucun détail n’est laissé au hasard, et la ressemblance est même troublante. Nella devra, lui explique Johannes, agencer les pièces du cabinet, avec l’aide d’un miniaturiste. L’idée froisse un peu Nella, qui ne pensait pas, en se mariant, retourner au rang d’enfant et devenir la maîtresse d’une maison de poupées. Mais elle ne sait pas encore que le cabinet miniature, loin d’être un simple jouet, possède un immense pouvoir : celui de prédire, par des messages sibyllins, l’avenir. En dépit des heures passées devant le magasin du miniaturiste, celui-ci reste immuablement fermé. Nella reçoit cependant chez elle de mystérieux colis, des objets miniatures qui s’avèrent tous avoir un écho dans la vraie vie. Quelqu’un l’observe, mais impossible de savoir qui, ni comment. Nella subit les péripéties de la vie, qui s’imposent à elle avec une violence imprévisible, et constate avec désarroi, après coup, qu’elles étaient annoncées dans son cabinet miniature …

J’ai vraiment beaucoup aimé ce long et étrange roman, dont chaque page fait ressentir au lecteur le poids de la solitude de Nella. Cinq cents pages noircies de caractères, qui arrivent cependant à nous plonger dans le désarmant silence de la nouvelle maison de Nella. J’ai adoré Miniaturiste, pour son atmosphère, ses péripéties, son suspens, la consistance psychologique de ses personnages, sa critique sociale, sa morale, bref, parce qu’il se présente comme un simple conte, mais qu’il est en fait tellement plus !

J.S

Jessie Burton, Miniaturiste, aux éditions Folio, 497 pages

Edward Kelsey Moore – Les Suprêmes

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Les Suprêmes sont trois femmes noires américaines, qui se sont rencontrées dans les années 1960 et ne se sont jamais séparées en dépit des épreuves de la vie. Odette est une femme pleine de vie mais un zeste loufoque, qui discute régulièrement avec le fantôme de sa mère et celui de Mme Roosevelt. La seconde Suprême, Clarice, aurait tout pour être heureuse si seulement son mari arrêtait de la tromper. Quant à la vie la sublime Barbara Jean, est elle extrêmement triste et difficile, mais elle peut compter sur le soutien sans faille de ses deux amies. Les trois femmes se retrouvent chaque semaine chez Earl, un restaurant de l’Indiana, pour un rendez-vous dominical riche en confidences et bavardages, en joies et en désespoirs, auquel le lecteur est invité, tel une quatrième Suprême. Dans un contexte d’exclusion raciale, cette histoire d’amitié entre trois femmes attachantes nous rend complice d’un bonheur que seul ce sentiment peut procurer.

Je me suis tournée vers ce livre parce qu’il me faisait penser à La Couleur des Sentiments, que j’avais adoré. Mais j’ai été très déçue, et même si l’histoire de ces Suprêmes est sympathique, ce livre n’a rien à voir avec celui que j’avais tant aimé. Je n’ai pas réussi à m’attacher complètement à ces trois femmes, j’ai trouvé le récit parfois pathétique et l’écriture très lourde. Cependant, ne pouvais-je pas être que déçue en me plongeant dans un livre parce que j’en avais tant aimé un autre ?

J.S

Edward Kelsey Moore, Les Suprêmes, aux éditions Babel, 414 pages

Jean-Paul Sartre – Les Mots

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Dans ce somptueux chef-d’œuvre de la littérature française, qui contribua à l’attribution du Prix Nobel de 1964 que Sartre refusa, l’auteur nous raconte avec distance et douce ironie l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, qu’il considère comme les événements les plus marquants de son enfance. Le jeune “Poulou”, comme l’appellent avec tendresse les membres de son aimante famille, perd son père alors qu’il n’a que deux ans. Il grandit, avec sa mère, chez les parents de celle-ci, Charles et Louise Schweitzer. Charles Schweitzer est un éminent professeur d’allemand, dont le bureau et la grande bibliothèque captivent très tôt le jeune Poulou. C’est sur cette bibliothèque que reposent Les Mots, et ses deux parties “Lire” et “Ecrire”.  

La passion du jeune Sartre pour les lettres naît très tôt. L’enfant découvre le pouvoir des mots et de l’imagination, le plaisir et le jeu du rêve. Seul, il “joue à être sage”, se projette dans les récits qu’il déchiffre, et vit par procuration la vie de ses héros, Pardaillan et Michel Strogoff. Il attire sur lui les regards émerveillés de sa famille et surtout de sa mère, qui en dépit de son admiration pour la complexité des ouvrages que lit son fils, tient aussi à l’initier aux illustrés pour enfants. Le jeune Sartre goûte à toute la littérature que ses yeux croisent, et s’épanouit dans l’odeur de la bibliothèque de son grand-père.

Dans la seconde partie des Mots, Sartre raconte le plaisir apporté par l’apprentissage de l’écriture. Associée à l’incommensurable plaisir de lire, l’écriture contribuera à faire du jeune Sartre un enfant solitaire, qui a parfois du mal à s’intégrer aux camarades qu’il rencontre à l’école. Ce monde brutal qu’est l’école l’oblige à réaliser que l’image mentale qu’il se fait de lui-même, le héros qu’il s’imagine parfois être, perd de son panache lorsqu’il s’agit de quitter le monde de l’imagination. Mais dans le microcosme familial, les talents d’écriture du jeune Poulou laissent deviner le futur grand écrivain que deviendra Jean-Paul Sartre. Seulement, l’enfant, en dépit du plaisir qu’il prend à écrire, doute de ses réelles capacités, et s’accuse souvent d’être un imposteur. S’inspirant des histoires qu’il lit pour écrire les siennes, il doute d’être vraiment capable de se décoller de ses lectures pour écrire un récit qui ne serait que de lui. Son grand-père, qui soupçonne la supercherie, est aussi plus modéré quant aux réels talents de Sartre, et tente d’orienter la carrière de son petit fils vers le professorat. Le plaisir d’écrire doit rester un simple divertissement de fin de semaine ! Des anecdotes qui ne peuvent que faire sourire, quand on sait le grand Sartre que le jeune Poulou allait bientôt devenir …

Dans ce récit autobiographique, Sartre l’auteur accompli et reconnu porte un regard critique, aigu, frôlant parfois l’ironie, et distant sur ses jeunes années. Il revisite son enfance, jusqu’à ses onze ans, en posant sur son passé un gentil regard distancié. Un livre somptueusement écrit, parfois difficile à lire, que je conseille évidemment à tous les amoureux de littérature.

J.S

Jean-Paul Sartre, Les Mots, aux éditions Folio, 206 pages

Marie-Eve Lacasse – Peggy dans les phares

FRANCOISE SAGAN ET PEGGY ROCHE

Peggy Roche a été l’amie, l’amante et l’éternel amour secret de Françoise Sagan pendant presque vingt ans. Une relation discrète et pourtant passionnelle et sincère, par souci d’intimité dans une société patriarcale et bridée par les carcans traditionnels.

Peut-être avez vous déjà remarqué l’admiration que je voue à celle que l’on surnomma très affectueusement « le charmant petit monstre », Françoise Sagan. Objet d’autant de convoitises que d’aversion, l’auteur du mince roman de 1954 qui fut un scandale mondial, et qui est aujourd’hui un chef-d’œuvre de la littérature, Bonjour Tristesse, a fait couler beaucoup d’encre. Une vie à trois mille à l’heure, de littérature, de fêtes, d’amitiés, d’amours, d’alcool, de jeux et de drogue, une vie vécue à 100%, une ode à la liberté, un pied de nez aux quant dira-t-on, partagée avec la discrète Peggy Roche. C’est sur Peggy que Marie-Eve Lacasse met cette fois un coup de projecteur, sur cette icône de la mode, parachutée dans la vie de Sagan à ses heures de gloire, et qui ne la quittera que lorsque la mort les séparera. Peggy est le rayon de soleil de Françoise, sa confidente, son ange gardien et sa plus fidèle compagne, toujours restée dans l’ombre médiatique de Sagan. Une discrétion recherchée par les deux femmes, mais que l’on peut aussi sentir comme un peu injuste. Dans Peggy dans les phares, Marie-Eve Lacasse retrace la partie de vie partagée par les jeunes femmes, et étaye le fil conducteur biographique d’un récit romancé. Marie-Eve Lacasse, de leur rencontre à la mort de Peggy Roche, revient sur les grands moments de la vie commune des deux femmes, et replace au centre du récit la vie de Peggy.

Le défi était de taille, mettre en lumière quelqu’un qui a souvent cherché à s’effacer, reconstituer une vie dans l’ombre, et Marie-Eve Lacasse l’a brillamment relevé. J’ai beaucoup aimé ce livre, comme j’aime tous ceux qui retracent sans l’abîmer la vie de cette femme que j’aime tant, Sagan. J’ai aimé ce livre en tant qu’hommage à Peggy Roche, même si j’ai parfois été un peu déçue par la partie romancée. J’ai apprécié le travail d’investigation mené par Marie-Eve Lacasse, notamment concernant la famille de Peggy Roche, le passé de sa mère dont le nom de jeune fille, Nadermann, interroge et cache peut-être une triste page, et celui du père, Frédéric Manuel Roche, qui reste un mystère. J’ai apprécié aussi ses récits sur ses rencontres avec ceux qui ont côtoyé Peggy Roche et Françoise Sagan au plus proche, notamment Mme Bartoli, dont j’ai adoré le livre Chère Madame Sagan, et avec qui j’aurais moi aussi tant aimé discuter !

J.S

Marie-Eve Lacasse, Peggy dans les phares, aux éditions Flammarion, 243 pages

Nancy Mitford – La Poursuite de l’amour

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© CONDÉ NAST ARCHIVE/CORBIS – Entre Deux Guerres: Nancy Mitford (top right) dressed for 1931’s Famous Beauties Ball in a Cecil Beaton photograph. His sister Barbara is second from the left.


Perdu
e dans la campagne d’Alconleigh, la maison de tante Sadie et d’oncle Matthew abrite une joyeuse fratrie composée de sept originaux Radlett. Oncle Matthew, comme ses enfants, est un homme excessif et indiscipliné, qui ne connaît pas le juste milieu. Bien que détestée par ce dernier, Fanny, la nièce d’oncle Matthew, passe beaucoup de temps à Alconleigh. Fanny est la fille de celle qu’il appelle la « Trotteuse », d’une femme, qui est aussi sa sœur, de peu de vertu qui a abandonné son enfant pour suivre ses maris successifs en Europe. Fanny a été recueilli par Emily, une autre de ses tantes, de qui elle a reçu toute l’affection possible.

Fanny et Linda (une Radlett) sont donc deux cousines, très proches en dépit de leurs différences : Linda est une enfant capricieuse et gâtée, Fanny sage et rangée. Les deux fillettes adorent passer du temps à Alconleigh, dans ce qu’elles appellent le placard des Honorables pour comploter et rêver à leur future vie, dans laquelle l’amour prendra une place centrale. Le temps passe et les tempéraments s’affirment, et Fanny, qui mène une vie paisible, nous raconte celle, volage, de Linda, dont les nombreuses dérives font penser à celles de la Trotteuse. L’amour semble être l’unique quête de sa vie, un objectif tel qu’elle se précipite dans des histoires qui se soldent par des échecs. D’abord, et contre toute attente, Linda épouse Antony Krœsing, dont le mérite principal est d’être riche. Avec lui, elle aura une fille, Moïra, dont elle ne s’occupera jamais, la trouvant stupide et repoussante. Son cœur la poussera ensuite dans les bras d’un intellectuel communiste, qui aura des projets à mener toujours plus importants que de s’occuper de Linda. Elle trouvera ensuite le bonheur, de façon totalement inattendue, auprès d’un aristocrate parisien. Mais la montée du nazisme et l’approche d’une guerre mondiale inquiètent Linda, qui pressent que sa petite vie mondaine et son quotidien amoureux pourraient bien être quelque peu bousculés …

La plume de Nancy Mitford raconte avec une finesse et un humour typiquement anglais le quotidien et les préoccupations de la société campagnarde britannique, tellement romanesque. Il est plaisant de savoir que ce roman, en partie autobiographique, comporte de nombreux éléments sur la famille excentrique de l’auteur. Cependant, je ne sais trop quoi en penser. Certes, La Poursuite de l’amour est un roman drôle, frais, léger, mais parfois aussi un peu étrange et même loufoque. Les personnages, bien qu’inspirés des proches de l’auteur, ont des caractères extrêmement différents, très originaux. On avance très rapidement dans l’histoire, et les sauts temporels, inattendus, sont un peu déroutants, surtout en début de lecture. La vie format conte de fées pour un personnage aussi léger que Linda étonne, et la chute, extrêmement soudaine, laisse un goût d’inachevé. L’histoire se resserre au fil des pages autour de celle de Linda, et on aimerait parfois savoir ce que deviennent les autres personnages. Un roman simple et agréable à lire, mais peut être un peu trop dans l’excès …

J.S

Nancy Mitford, La Poursuite de l’amour, aux éditions 10/18, 254 pages