Marguerite Duras – Un barrage contre le Pacifique

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Nous sommes dans l’Indochine du début des années 30. Une institutrice veuve vit avec ses deux enfants, Joseph et Suzanne, dans un miteux bungalow au milieu de la plaine marécageuse de la petite ville de Ram. Un bungalow acheté par la mère, à son arrivée en Indochine, qui, ayant refusé un bakchich aux agents de la ville, s’est vu attribuer un emplacement au milieu de terres qui se sont avérées, après plusieurs années de vains essais, incultivables. A chaque saison des pluies, la mer de Chine monte jusqu’à noyer les cultures. Un drame dans une région où sans semences on ne peut vivre. Désemparée par cette situation inextricable, la mère de Joseph et Suzanne engage toutes ses économies dans un énorme chantier : avec les paysans de Ram, elle tente la construction d’un barrage qui protègera les terres des habitants de ces parcelles maudites des caprices de cette mer tellement forte qu’elle la nomme Pacifique. Un chantier titanesque qui part cependant en fumée à peine la première marée arrivée.

Ruinée, financièrement mais surtout moralement, ce coup signe le début de la descente aux enfers de Joseph, Suzanne, et leur mère, qui, à partir de ce moment, n’aura plus qu’une obsession, une obsession maladive : l’argent.

Aussi, quand le riche mais repoussant planteur Monsieur Jo vient rôder autour de Suzanne, la mère lui pose un ultimatum : tant qu’il n’épouse pas sa fille, M. Jo n’aura avec elle aucun contact physique. S’installe alors entre Suzanne et M. Jo un jeu malsain. Repoussée par l’apparence physique de l’homme, Suzanne est aussi tiraillée avec l’envie de se sortir, elle et sa famille, de la nécessité. Chaque jour, M. Jo vient voir Suzanne au bungalow, et tente de la séduire en lui offrant tout ce qu’elle n’a jamais eu. Des objets qui font plutôt briller les yeux de la mère que le cœur de la fille, qui, le temps passant, ne cède toujours pas aux avances de M. Jo. Désemparé par tant de retenue de la part de Suzanne, M. Jo joue sa dernière carte : il lui offrira l’un de ses énormes diamants, avant de partir, la laissant libre de le suivre ou pas. La mère, voyant dans cette proposition la fin de la misère, n’a ni foi ni loi, et n’hésite pas une seconde : peu importe la décision de sa fille, elle s’empare du diamant, et arpente les rues de la ville dans l’espoir de le vendre la petite fortune qu’elle s’imagine qu’il représente. C’était sans compter le crapaud invisible à l’œil nu, mais qui ôte à la pierre beaucoup de sa valeur. Alors que la mère n’a qu’une obsession, vendre au prix qu’elle le souhaite le diamant, les enfants s’engagent avec difficulté sur la périlleuse route de l’émancipation.

J.S

Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, aux éditions Folio, 365 pages

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Olivier Bourdeaut – En attendant Bojangles

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L’hymne à la vie et à la liberté d’un couple pour qui l’existence est trop précieuse pour être gâchée par la normalité. Celle de parents originaux qui aiment leur garçon d’un amour sans pareil, et refusent pour lui une vie de conventions, de règles, et de lois. Chez eux, la contrainte n’a pas sa place. On danse jusqu’à pas d’heure au rythme de Mr. Bojangles de Nina Simone. On boit, on fume, on crie, on s’amuse, on se couche quand le soleil se lève ou que Mademoiselle Superfétatoire, l’élégant oiseau ramené de Numidie, houppettes dressées, vient donner des coups de bec à la porte de la chambre. On préfère la Sainte-Georgette à la Saint-Valentin, parce qu’une fête romantique ne peut porter qu’un prénom féminin, on s’appelle Renée, Joséphine ou Marylou, parce qu’après tout, pourquoi n’avoir qu’un seul prénom ?

Une magnifique histoire rocambolesque d’un couple d’attachants originaux, souvent racontée à travers les yeux de leur petit garçon d’une lucidité étonnante. Un petit récit apparemment léger d’une famille qui sans folie ne peut exister. A lire !

J.S

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles, aux éditions Folio, 172 pages

Daphné du Maurier – Rebecca

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Leurs yeux se sont croisés pour la première fois à Monte-Carlo. Maximilien de Winter, veuf depuis peu, est venu se ressourcer sur le rocher, tandis qu’elle, la jeune narratrice anonyme, accompagne l’acariâtre mondaine Mme Van Hopper, dont elle est la dame de compagnie. Dans le dos de cette dernière, bien trop confiante pour prêter attention à son environnement, une histoire qui ne paraît encore qu’amitié naît entre M. de Winter et la narratrice. Aussi, lorsque Mme Van Hopper décide de quitter Monte-Carlo, et de mettre les voiles pour l’Amérique, quand arrive l’heure de la séparation, M. de Winter tente le tout pour le tout et demande à la narratrice si elle accepte de devenir sa femme. Une union qui laisse sans voix Mme Van Hopper, qui outre la perte de sa femme de compagnie, jalouse la position sociale à laquelle celle-ci va accéder. En devenant Mme de Winter, elle sera aussi la maîtresse de maison de Manderley, le plus majestueux et le plus célèbre des manoirs des Cornouilles, au sud-ouest de l’Angleterre, où se bouscule le gratin britannique lors de fastueuses réceptions.

Mais lorsqu’elle découvre Manderley et son personnel, la narratrice se sent envahie d’un inexplicable mal-être. Mme Danvers, la gouvernante, la dévisage impassiblement avec un regard méfiant, tandis que partout, les murs du manoir sont imprégnés de la présence de Rebecca de Winter, la défunte épouse de Maxim de Winter. Chaque pièce, chaque objet, chaque personne que la narratrice croise lui rappelle qu’elle n’est que la seconde épouse et le pâle remplacement d’une femme exceptionnelle à la cheville de laquelle elle n’arrivera jamais. La jeune narratrice n’a pas sa place à Manderley, ni dans son couple qu’elle semble partager avec une morte. Une sensation qui l’étouffe et la ronge, une distance qui s’installe avec son mari, jusqu’à ce fameux soir, après une réception donnée en son honneur à Manderley, où Maxim de Winter passe aux aveux et explique à sa jeune épouse, la raison d’une pareille distance.

Un classique récompensé à sa juste valeur par une postérité qui le place, près de 80 ans après sa parution, parmi les incontournables du genre. Tea time, scones, frivolités, humour, mondanités, satire, intrigue et enquête, tous les éléments sont là pour nous assurer un délicieux voyage dans le microcosme de Manderley.

J.S

Daphné du Maurier, Rebecca, aux éditions Le Livre de Poche, 633 pages

Véronique Olmi – Bakhita

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Quand le feu se déclare dans le village, c’est qu’ils ne sont pas loin, ces ravisseurs venus voler les vies des peuples noirs. Les vies de ces personnes, qui, parce que noires, sont destinées à être enlevées et maltraitées. Le plus jeune possible, parce qu’un enfant noir, qui court vite, qui n’est pas encore trop abîmé par les coups, ça rapporte plus encore.

Arrachée à ses parents à peine les premières années de sa vie fêtées, la jeune Bakhita, qui se surnomme ainsi pour ne pas salir sa véritable identité, subira avec un courage inqualifiable les pires atrocités de l’espèce humaine. Les années passent, et les coups et la torture sans trêve font oublier à Bakhita les quelques années d’enfance paisible qui ont précédé son enlèvement et sa vie d’esclave. Un oubli témoin d’une détresse psychologique encore plus forte que le poids des coups, qui déforme le fragile corps de Bakhita devenue jeune fille.

Jusqu’à la rencontre avec un consul italien, qui délivrera Bakhita des chaînes de l’esclavage, et le lecteur éprouvé par ces épouvantables pages de torture.

Pire encore que la violence physique, on partage avec Bakhita la détresse psychologique d’une enfant puis d’une femme qui ne reverra jamais, elle le sait, ses parents, frères et sœurs, qui n’aura jamais l’occasion de leur dire qu’elle est en vie. Une enfant devenue femme, qui même délivrée de l’esclave, qui même une fois le repos de l’âme retrouvé, reste une personne noire, différente, que l’on appréhende, que l’on touche afin de s’assurer qu’elle ne tache pas, sur laquelle se posent des regards torves, et dont se méfie avant de l’adorer.

Une lecture très éprouvante, d’une violence inouïe autour de laquelle se tisse toute la biographie de Sainte Bakhita. Un livre difficile à lire, et de ceux qui marquent, que l’on n’oubliera pas d’ici quelques mois. L’histoire d’une véritable esclave, devenue religieuse et canonisée en 2000 par Jean-Paul II.

A lire, le cœur bien accroché.

J.S

Véronique Olmi, Bakhita, aux éditions Albin Michel, 456 pages

Brigitte Kernel – Jours brûlants à Key West

Françoise_Sagan_02A peine âgée de 18 ans, la jeune Sagan s’envole direction New-York pour l’une des plus célèbres séances de dédicaces. L’auteure du mince et sulfureux Bonjour tristesse enchaînera les journées à signer « With all my sympathies », avant d’apprendre, étonnée mais non moins désolée, qu’elle a présenté ses condoléances à son public américain !

Une anecdote qui ouvre le roman, et le récit de sa parenthèse à Key West. Tennessee Williams, en pleine rédaction de La Chatte sur un toit brûlant, son amant Frank Merlot et leur amie de toujours Carson McCullers, auteure du roman culte Le Cœur est un chasseur solitaire, et dont la santé les inquiète, sont en villégiature sur l’île lorsqu’ils apprennent la présence, non loin d’eux, de la nouvelle célébrité du monde littéraire, Françoise Sagan. Conviée par celui qu’elle juge comme l’un des plus grands du monde des lettres, Tennessee Williams, Sagan accepte avec joie l’invitation. Accompagnée de sa fidèle sœur Suzanne, les jeunes femmes quittent la fureur new-yorkaise pour les Keys. Une rencontre entre personnalités littéraires de continents différents, et une Sagan qui bouscule une fois encore, et malgré elle, les conventions les plus établies.

Parce qu’elle est mon auteure préférée, la seule à mes yeux à maîtriser avec une telle justesse les mots, parce que j’admire son état d’esprit et la vie qu’elle s’est construite, j’aborde les romans qui utilisent le nom de Sagan avec beaucoup de précautions. Brigitte Kernel l’explique dès le début : ce livre est un roman, avec la part d’invention qui convient au genre. Une sincérité appréciée, mais qui a pourtant mis dès le départ une distance avec l’épisode la vie de Sagan raconté ici. Un récit romancé qui manque, je trouve, du sel qui fait la vie et la personnalité de Françoise Sagan.

J.S

Brigitte Kernel, Jours brûlants à Key West, aux éditions Flammarion, 268 pages

Elena Ferrante – L’enfant perdue

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On l’ouvre avec joie, on tourne les pages sans même s’en rendre compte, et on est obligé de se refréner pour ne pas dévorer celui qui est, on le sait, le dernier tome de la plus addictive des sagas du moment. Un an après la parution du 3ème volume en France, nous retrouvons enfin Lila et Lenù, désormais devenues femmes et mères accomplies, dans des vies différentes et qu’en apparence tout oppose. Mais les opposés s’attirent, on le sait bien, et le destin des deux amies de toujours va évidemment se recroiser. Deux amies parfois irresponsables, qui partagent leurs histoires et leurs vies, leurs quotidiens impudiques et barbares, souvent infidèles, mais jamais en amitié. Un récit tout en oxymores, dont le personnage principal reste la Naples violente et corrompue, qui raconte les dernières pages de soixante ans d’une tempétueuse mais indéfectible amitié et qui pose, loin de tout jugement, les contradictions qui font la richesse de la condition humaine.

Une dernière page que l’on tourne avec un pincement au cœur, un quatrième tome à la hauteur des trois premiers et quelques derniers chapitres avant de laisser définitivement Lila et Lenù …    

J.S

Elena Ferrante, L’enfant perdue, aux éditions Gallimard, 550 pages

Emily Brontë – Hurlevent

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Nous sommes en 1801. Mr Lockwood, de passage sur les terres du Hurlevent, rencontre Mrs Dean, domestique prolixe. Perplexe face au comportement étrange de son hôte, Mr Lockwood demande à Mrs Dean de lui raconter qui est son maître …

Nous revenons alors en 1771. Mr. et Mrs. Earnshaw vivent au Hurlevent, propriété située à la pointe d’une colline balayée par les vents du nord, avec leurs deux enfants, Catherine et Hindley. A son retour d’un périple de plusieurs jours, Mr. Earnshaw revient accompagné d’un jeune bohémien de six ans, Heathcliff. Différent, affublé d’une mine jugée patibulaire, Heathcliff, secrètement amoureux de Catherine, attire dès le début le mépris de Hindley. Une hostilité violente et réciproque s’empare des deux personnages, et, à la mort de Mr. Earnshaw, Hindley peut enfin déverser sans réserves sa haine contre Heathcliff.

Humilié par le mépris de Hindley et déchiré par son amour impossible pour la jeune Catherine, qui préfère épouser le riche Edgar Linton, Heathcliff se mue en un personnage diabolique, se jurant de réduire à néant la vie des deux familles, les Earnshaw et les Linton. Pour mener à bien ce macabre désir, et s’assurer l’héritage de la fortune des Linton, il épouse la sœur d’Edgar, Isabelle, qu’il fera souffrir à chaque seconde de leur vie conjugale. De cette terrible union, naîtra Linton, lui aussi souffre-douleur de son père. Catherine mourra en mettant au monde une fille du même nom. Heathcliff forcera cette dernière à épouser son fils Linton. Soulagé d’avoir fait souffrir sans répit et anéanti la vie de ceux qu’il considère comme responsables de sa propre souffrance, Heathcliff peut enfin disparaître serein …

Un récit prenant, extrêmement sombre et brutal, mené par des personnages cruels auxquels la haine enlève toute part d’humanité. La mort est obsédante, la violence ponctue chaque scène, le déchaînement psychologique et la noirceur des personnages d’Emily Brontë dérangent autant qu’ils captivent. Un récit insolite et atroce, qui plus de 170 ans après sa parution, fait toujours partie des classiques qui traversent les générations.

J.S

Emily Brontë, Hurlevent, aux éditions Folio, 503 pages

Eric Vuillard – L’Ordre du jour

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Le petit livre des « haillons hideux de l’histoire ». En 160 pages, Eric Vuillard, récompensé par le prix Goncourt, raconte de manière grinçante les sinistres, grotesques et tragiques anecdotes qui ont servi la construction de l’histoire nazie. Il l’explique dès le début : « Les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petit pas ». Bien loin de l’horreur des camps, et des descriptions abominables de la fureur hitlérienne, Eric Vuillard raconte avec une pointe de mépris les honteux ratés du nazisme. Du financement de la campagne nazie par vingt-quatre industriels allemands encore bien connus aujourd’hui, Krupp, Opel, Siemens, à la grande panne des soi-disant infaillibles panzers lors d’un défilé, en passant par les bouffonnes combinaisons de certains membres du parti pour servir leurs intérêts, l’auteur anéantit d’une plume acerbe le mythe de la toute-puissance nazie. L’envers du décor que l’on nous montre souvent aujourd’hui, de l’image d’une armée de petits bonshommes en noir et blanc, rapides, modernes, et triomphants.

Cent soixante pages merveilleusement écrites qui racontent avec un mépris jubilatoire les coulisses et les ratés du petit moustachu et de ses sbires. Un magnifique récit qui est pour ses lecteurs un poème, et qui pourtant crache ses mots, et se paye la tête de tous ceux qu’il dénonce. Un petit bijou récompensé à sa juste valeur par le Goncourt 2017.

J.S

Eric Vuillard, L’Ordre du jour, aux éditions Actes Sud, 160 pages

Jane Austen – Northanger Abbey

11298396734_5cafb52468_oLa jeune Catherine Morland, est conviée, par M. et Mme Allen, proches de ses parents, à un séjour à Bath. A leur arrivée, Mme Allen, mondaine préoccupée presqu’uniquement par les toilettes de sa compagnie, déplore leur solitude. Mais cela est sans compter sur la rencontre fortuite, quelques jours à peine après leur arrivée, d’une vieille amie, Mme Thorpe, en séjour elle aussi à Bath avec ses enfants. Isabelle Thorpe se lie d’amitié avec Catherine et rencontre James, le frère de cette dernière, de qui elle tombe amoureuse. Le frère d’Isabelle, John Thorpe, jeune homme fat et imbu de sa personne, essaie quant à lui de séduire la belle Catherine. Mais cette dernière a d’autres desseins à l’esprit, et son cœur bat déjà pour Henry Tilney, qu’elle rencontre aussi à Bath. L’élément perturbateur d’un quatuor amoureux, et la possibilité pour la jeune Catherine de rejoindre un lieu qu’elle s’imagine déjà excitant : Northanger Abbey. En effet, lorsqu’Eleanore Tilney, la sœur d’Henry, propose à Catherine de venir séjourner dans la propriété de leur père, Catherine y voit non seulement l’opportunité d’assouvir son envie d’aventure dans une abbaye gothique, mais surtout celle de se rapprocher d’Henry …

La plume ironique de Jane Austen raconte avec finesse les ridicules frivolités de la société bourgeoise de l’Angleterre du XVIII siècle. Amours, argent, chiffons et représentations sociales, Jane Austen ne ménage pas ses victimes, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. Un classique à côté duquel il serait dommage de passer !

J.S

Jane Austen, Northanger Abbey, aux éditions Archipoche, 336 pages

Anne Perry – La disparue de Noël

Capture d_écran 2017-12-20 à 19.30.41Toute la gentry est réunie pour le dîner mondain qu’organise, peu avant Noël, Omegus Jones. Mâchoires crispées derrière les sourires affichés, un air d’hypocrisie teinte la soirée d’une atmosphère quelque peu désagréable.  C’est dans cette ambiance qu’une remarque malheureuse d’Isobel Alvie va provoquer un véritable cataclysme. Alors que la jeune veuve Gwendolen Kilmuir semble se rapprocher du convoité Bertie, Isobel Alvie la pique d’une phrase amère, qui, de l’avis de tous, est responsable du suicide, le soir même de Gwendolen. Condamnée par ce petit monde de langues de vipère, Isobel ne peut compter que sur le soutien de sa seule amie Lady Vespasia. Avec elle, Isobel devra, contre vents et marées, traverser l’Ecosse pour expier sa faute, et porter en mains propres à la mère de Gwendolen une lettre que sa fille lui a écrite avant de se donner la mort. Un voyage long et éprouvant dans l’hiver glacial de l’Ecosse du XIXème siècle.   

Un court roman que je n’aurais pas espéré plus long. En dépit de cette atmosphère de l’Angleterre du XIXème que j’aime tant, j’ai trouvé les personnages caricaturaux et le récit cousu de fil blanc. Bien loin donc du Condamné de Noël, que j’avais largement préféré !

J.S

Anne Perry, La disparue de Noël, aux éditions 10/18, 126 pages